Les déchets défilent à toute vitesse sur le convoyeur, au rythme d’un mètre par seconde, mais le bras robotisé n’hésite pas un instant.
D’un mouvement vif, il saisit le lourd bloc de béton à travers la masse d’objets épars et le jette aussitôt dans un gros bac attenant.
Un geste simple en apparence, mais qui est le fruit d’années de recherche et développement par l’entreprise trifluvienne Waste Robotics, qui conçoit les « mains » et le « cerveau » de ces robots.
Des pinces complexes capables d’attraper petits et gros débris grâce à un logiciel d’intelligence artificielle entraîné pendant des années à identifier toutes les apparences possibles d’un déchet.
« La vraie valeur de nos machines, ce n’est pas tant qu’elles peuvent faire quelque chose de funky dans un labo, c’est de le faire vivre dans une ligne de production, un environnement très difficile où c’est sale, ce n’est jamais pareil, c’est le chaos », résume le cofondateur et PDG de Waste Robotics, Éric Camirand.
Directement dans le trou
Non seulement les systèmes conçus par cette entreprise d’une quarantaine d’employés éliminent les problèmes de main-d’œuvre et de sécurité, mais ils améliorent l’efficacité du tri, une tâche rebutante à bien des égards.
Chaque année, l’humanité génère des milliards de tonnes de déchets. Le contenu du bac de recyclage ne représente que 7 à 9 % de ces déchets, aux dires d’Éric Camirand.
Une goutte d’eau comparativement à la catégorie des déchets de construction et de démolition, encore destinés en majorité à l’enfouissement, et à laquelle souhaite s’attaquer Waste Robotics.

